Vous avez peut être lu cet article au titre accrocheur et ravageur selon lequel « Pour trouver un emploi, Internet est peu efficace. » Nous ne donnerons ni le nom de la publication ni le nom de l’auteur car il s’agit là d’un exemple de ce que peut produire la collaboration de ces institutions qui ont pour mission d’éclairer le peuple et la cité.

Quiconque a quelque pratique du recrutement sait que les voies en sont diverses, inégales en performances, pas toujours complémentaires.

Si l’on en croit les chiffres indiqués, 18% « seulement » de ceux qui ont été embauchés le doivent à Internet contre 26 % par les moyens institutionnels et 37% par les réseaux personnels. On se demande où est passé le reste et quelle est la part des grands systèmes qui ont leurs propres processus de recrutement.

 

Dix-huit pour cent, ce n’est pas si mal pour une voie qui non seulement ne coûte rien à l’État mais lui rapporte des impôts ! Après une vingtaine d’années de la pratique du recrutement, il nous semble au contraire que l’avenir du placement devra évoluer vers un contact direct entre les employeurs et les demandeurs d’emploi, précisément par Internet et des services payants pour les entreprises.

Les pouvoirs publics devraient, sur le long terme, se retirer progressivement du placement et orienter leurs missions, leurs efforts, leurs moyens, leurs budgets, leur personnel, vers la création d’emploi, la définition des formations de base, le rattrapage et le recyclage des « relégués » du travail.

Nous le répétons souvent car il faut frapper à coups redoublés pour enfoncer le clou dans les têtes durcies par les doctrines : Il serait sans doute plus efficace et moins coûteux d’admettre que le recrutement et les formations spécifiques soient considérés comme des responsabilités essentielles et exclusives de l’entreprise.

La lecture du texte précité suggère qu’en notre pays domine une conception selon laquelle l’emploi serait une question de partage et de répartition. Que ce soit au niveau central ou à celui des missions locales, le personnel politique et les responsables des structures, privilégient la distribution des emplois comme si l’essentiel de leur mission n’était pas de développer l’économie afin de créer des emplois marchands et de donner aux citoyens les formations de base qui les préparent à assumer les tâches qui seront associées aux emplois futurs.

Depuis près d’un demi-siècle nous nous sommes « libérés » de pans entiers de l’industrie (métallurgie, textile, construction mécanique…) en développant certes des secteurs à haute valeur ajoutée notamment dans l’aérospatial. Aujourd’hui, dès qu’il s’agit de produits technologiques quelque peu complexes, nous les importons d’Italie, des États-Unis, de certains pays asiatiques. Nous importons aussi de nombreux composants élémentaires et des produits courants de pays en voie de développement.

« Dans le même temps » nous avons tenté d’orienter une plus large part des jeunes générations vers un enseignement général hors de la portée immédiate d’un grand nombre et vers un désamorçage de certaines formations techniques.

Nous venons de passer une année en palabres durant laquelle tout fut proposé et le contraire de tout. Toute communication politique sème quelque doute. Ne sachant pas à quelle persillade il va être mangé, chaque employeur rentre en sa coquille comme un escargot auquel on a touché les cornes. À demain le recrutement ! À demain les investissements ! À après-demain les affaires ! Et l’on s’étonne que le frémissement de l’économie ne soit pas suivi par une reprise de l’emploi. Tout est si compliqué !

Nous avons un Président nouveau, un Gouvernement nouveau, une Assemblée nouvelle. Alors que le pays et la situation appellent des actes immédiats, nous revoilà partis en séminaires, en palabres, en congrès. Le temps presse. La dynamique s’attarde.

On nous a promis des ordonnances pour gagner du temps. On en débattra pour obtenir le feu vert du législateur. Et voici maintenant la promesse d’en négocier le contenu.

Faisons un pari : Nous aurons des mesures comme nous les aimons. Les prélèvements seront à effet immédiat et les allègements à effet différé.

Pierre Auguste
Le 9 août 2017